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Bataille de Luchy

Le 22 août 1914 a lieu la sanglante bataille de Luchy. Elle fait partie d'une série de batailles qui se déroulent en août 1914, regroupées sous le nom de "bataille des Frontières".

 

La bataille des Frontières

Les forces en présence

 

La bataille de Luchy

Le 20 août, le maréchal Joffre donne l'ordre d'offensive générale aux 3ème et 4ème armées. Côté allemand, le duc de Wurtemberg donne ses ordres de marche pour le lendemain : le 18ème CA rejoindra la ligne Libin-Ochamps-Neuvillers.

Le 21 août au soir, la 4ème armée française occupe une ligne sur la Semois, de Alle à Tintigny. Le 17ème CA, qui est à Sainte-Cécile, a pour objectif le lendemain de rejoindre Jéhonville-Ochamps.

Le 22 août, la 33ème division du 17ème CA marche sur Ochamps, la 34ème division sur Jéhonville. Le mouvement s'effectue en trois colonnes. Celle de droite, la 66ème brigade, marche sur Sainte-Cécile-Herbeumont-Bertrix-Ochamps.

La 33ème division comprend la 7ème RI de Cahors, le 9ème RI d'Agen, le 11ème RI de de Montauban, le 20ème RI de Montauban et Marmande. Egalement trois groupes de canons de 75 du 18ème RAC d'Agen.

Côté allemand, la 25ème ID doit prendre la direction Transinne-Anloy. La 21ème ID doit occuper les hauteurs de Neuvillers et un détachement mixte (87ème IR et 27ème régiment de feldartillerie (FAR)) les hauteurs à l'est d'Ochamps. A 08.00 h, le détachement se met en marche de Recogne vers Ochamps. Le reste de la 21ème ID se rassemble sur la route Bertrix-Recogne. Le général von Oven, informé que des troupes françaises sont à Bertrix, Acremont et Jéhonville, donne l'ordre de marche.

L'avant-garde de la 66ème brigade, le 11ème RI, arrive à Bertrix vers 10.00 h. Les Français sont avertis de la présence d'Allemands. Le garde-forestier Paul Mergeay, habitant de Burhaimont, est capturé le 20 août par les Allemands alors qu'il faisait sa ronde. Il remarque que l'ennemi met en place des barbelés et des mitrailleuses. Il parvient à s'échapper durant la nuit. Il sera reçu froidement au poste de commandement du colonel Detrie où il s'entend dire que les Français ont leurs propres renseignements. Pourtant d'autres Bertrigeois, dont le docteur Lifrange, mettront en garde les Français, mais sans succès.

Vers 11.00 h, le 11ème RI quitte Bertrix et se dirige vers Ochamps à travers la forêt de Luchy. Il ne rencontre aucune résistance. Mais vers 13.30 h, arrivé à la lisière nord, il est accueilli par un feu nourri du 27ème FAR, appuyé par le 87ème RI.

Les pertes sont nombreuses et malgré la résistance des français, le 20ème RI est refoulé vers la forêt en fin d'après-midi. Le colonel Detrie, les commandants de bataillon Fiamma et Gregory, les capitaines Negrier, Rocchesani et Seguelas sont morts au combat.

Le général Fraisse envoie deux bataillons du 11ème RI porter secours au 20ème RI. Or, la 21ème ID pénètre dans le bois à la rencontre des troupes françaises : le 80ème IR s'infiltre dans la forêt à hauteur de la ferme de Luchy pour rejoindre le 87ème IR. Il va se heurter à des soldats du 20ème RI qui se replient sur Bertrix, et au 11ème RI envoyé en renfort. Le 11ème RI, qui encadre le 18ème RAC, en infériorité numérique, est refoulé et le 18 RAC est pris d'assaut. Les Français s'échappent vers Acremont-Jéhonville mais une erreur d'orientation les fait s'engager vers Blanche-Oreille où ils seront la cible de tirs ennemis.

A la lisière sud de la forêt, la queue de la colonne du 18ème RAC n'a pas encore pénétré dans la forêt. Le 2ème bataillon du 11ème RI ferme la marche. Ils se retrouvent face au 88ème IR. La surprise est totale. L'artillerie allemande met en batterie. La queue de la colonne française est détruite. Sur 36 canons français, seuls 4 échapperont aux Allemands.

A 16.00 h, le général Poline donne l'ordre à la 65ème brigade de prendre position sur les hauteurs au nord de Bertrix (combat de la Flèche). Face au repli des troupes, le mouvement s'effectue dans le plus grand désordre. Pourtant, les 7ème et 9ème RI atteindront une position au-delà de la voie ferrée. Mais les Allemands, fort de leur succès dans la forêt de Luchy, refoulent définitivement les Français qui se replient vers Bouillon et Herbeumont.

Les pertes sont énormes : 4.434 hommes sont hors de combat dont 2.500 tués côté français,1.800 soldats hors de combat côté allemand dont 550 tués. Du 11ème RI ne reste que 524 hommes qui ont quitté Montauban le 4 août. Plus de 1.000 disparus pour le 11ème RI, et 1.500 pour le 20ème RI.

Le 22 août 1914 est le jour le plus meurtrier de l'histoire de France : 27.000 Français ont perdu la vie. C'est quatre fois plus qu'à Waterloo et autant que durant les 8 années de la guerre d'Algérie.

 

L'après bataille

Les traces

Les autres batailles de la province de Luxembourg

Commémoration du centenaire de la guerre 1914-1918

 

 

 

Photos : Copyright Syndicat d'Initiative.

Nous remercions vivement Yves Gourdin, notre historien local aujourd'hui décédé, qui nous avait fourni ces photos tant pour la Province lors de l'édition des différentes brochures éditées dans le cadre des 100 ans de la Grande Guerre, qu'au Syndicat d'Initiative.

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